Ce qui se cache derrière ce rebond

Des novices complets plongent dans les marchés boursiers sans aucune expérience préalable. Beaucoup disent que la vente historique de mars et les transactions sans frais les ont poussés à le faire.

Les courtiers américains E-Trade, TD Ameritrade et Schwab ont enregistré des records d’inscriptions au cours des trois premiers mois de l’année. Schwab a ouvert un nombre record de 609’000 nouveaux comptes, dont près de la moitié au cours du seul mois de mars.

E-Trade a ouvert 531’000 comptes supplémentaires, tandis que TD Ameritrade en a ouvert 608’000 de plus. Ameritrade a même fait état de nouveaux actifs nets de 45 milliards de dollars. Environ 60 % de ces actifs provenaient de clients de détail.

Beaucoup de gens se demandent d’où vient tout cet argent. Selon la société d’analyse de données Yodlee, les personnes qui ont reçu l’aide du plan de relance cherchent à placer cet argent en bourse.

L’application de trading Robinhood a vu le nombre total de positions en bourse augmenter en flèche depuis le début du confinement :

Source : Robinhood

Il semble que ce phénomène soit l’un des principaux moteurs du rebond actuel des actions.

Quels facteurs haussiers ?

Lorsque l’économie fonctionne, les entreprises récompensent généralement les actionnaires en leur restituant du capital. Cela peut prendre la forme de dividendes, de rachats d’actions, ou les deux.

En fait, les rachats d’actions ont été l’un des principaux moteurs du marché haussier durant les 11 dernières années :

Source : BusinessInsider

Depuis 2012, les entreprises ont racheté plus de 4’500 milliards de dollars de leurs propres actions. Selon Goldman Sachs, les entreprises ont été les plus gros acheteurs d’actions au cours de cette période.

Les dirigeants d’entreprises ont utilisé un mélange de bénéfices et de dettes à bon marché pour les rachats. S’endetter de plus en plus pour racheter des actions semblait être une excellente idée. Jusqu’à maintenant…

Cette année, la même source s’attend à une diminution de 50% de la somme des rachats d’actions dans les entreprises de l’indice S&P 500 par rapport à 2018 (800 à 400 milliards de dollars).

Cependant, les entreprises ne se contentent pas d’éviter les rachats d’actions. Elles réduisent également leurs dividendes. Jusqu’à présent cette année, 83 entreprises ont suspendu leurs dividendes et 142 autres les ont réduits, selon le Wall Street Journal. C’est le chiffre le plus élevé depuis 2009.

Toutes ces entreprises se préparent à une tempête. Elles savent qu’elles doivent accumuler autant de liquidités que possible pour survivre.

C’est aussi un coup dur pour les investisseurs à la recherche de rendements stables. Selon le New York Times, depuis 1926, les dividendes ont représenté 40 % du rendement total de l’indice S&P 500. Au cours des 30 dernières années, près de la moitié des rendements boursiers proviennent du réinvestissement des dividendes, selon les données de Bloomberg.

Que faire ?

Si les petits investisseurs s’entassent dans les actions, ce n’est pas le cas des grands. Les fonds spéculatifs et les entreprises comme Berkshire Hathaway vendent, se couvrent par des opérations de hedging ou se tiennent complètement à l’écart du marché.

Au cours des prochains mois, les investisseurs devront faire face à la réalité. Lorsque les emplois ne reviendront que partiellement, que les dépenses de consommation ne se redresseront pas complètement et qu’un vaccin potentiel sera toujours hors de portée, les réalités économiques et fondamentales commenceront à apparaître dans les cours des indices d’actions.

Cela surprendra la plupart. Ne vous laissez pas surprendre.

Quant à savoir ce que les investisseurs intelligents devraient faire maintenant, nous pouvons voir ce que ces nouveaux investisseurs achètent, ce qui signifie que nous savons ce dont il faut se tenir à l’écart. Les compagnies aériennes en sont un exemple, ici American Airlines dans laquelle un nombre important d’investisseurs privés s’est rué lors de la récente correction de prix (courbe verte) :

Pensez par exemple à l’attaque du 11 septembre 2001. Il a fallu six ans aux compagnies aériennes pour revenir à la rentabilité. Il leur a fallu huit ans pour revenir aux tarifs d’avant l’attaque. À l’époque, c’était la crainte d’un détournement. Aujourd’hui, c’est la peur d’un vecteur biologique invisible.

Faites donc attention avant d’investir dans les actions d’entreprises cotées. Même s’il s’agit d’entreprises solides, ce n’est pas le moment de revenir dans la foule.

Salutations.

Eric Mermod

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